Tracer la voie de l’avenir économique du Canada
L’interruption des négociations commerciales avec les États-Unis marque un moment important pour le Canada. Pendant des décennies, notre relation économique avec les États-Unis a offert aux entreprises canadiennes un niveau de stabilité et de prévisibilité qui a contribué à la prospérité de nos deux pays. Cette relation demeure extrêmement importante, mais nous devons aussi reconnaître que l’environnement économique a profondément changé.
Le Canada a négocié de bonne foi. Nous avons cherché à conclure une entente qui protégerait les travailleurs, offrirait une plus grande certitude aux entreprises et préserverait l’accès à notre principal partenaire commercial. Toutefois, aucune entente ne vaut la peine de compromettre notre souveraineté, notre culture ou les intérêts à long terme des travailleurs et des entreprises du Canada. Nous devons toujours être prêts à travailler de façon constructive avec nos partenaires, mais nous devons également savoir tenir bon lorsque nos intérêts sont en jeu.
La question qui se pose maintenant ne consiste pas simplement à déterminer comment le Canada doit répondre aux nouveaux tarifs américains. Il s’agit plutôt de savoir comment nous pouvons saisir ce moment pour bâtir une économie plus forte, plus compétitive et plus résiliente pour les décennies à venir. Le Canada possède tous les atouts nécessaires pour réussir : des ressources naturelles abondantes, une énergie propre, des chercheurs et des entrepreneurs de calibre mondial, une main-d’œuvre hautement qualifiée, des institutions solides et un accès privilégié à des marchés partout dans le monde. Notre défi consiste à transformer ces avantages en investissements, en gains de productivité et en croissance économique ici, chez nous.
Cela signifie réaliser plus rapidement les grands projets et les infrastructures nécessaires pour les soutenir. Cela signifie encourager les entreprises à investir dans de nouveaux équipements, de nouvelles technologies et une plus grande capacité de production. Cela signifie aussi continuer à éliminer les obstacles inutiles au commerce interprovincial et faciliter l’achat de produits canadiens, l’embauche de travailleurs canadiens et la réalisation de projets au Canada. Nous devons également aider nos entreprises à trouver de nouveaux clients partout dans le monde. Les États-Unis demeureront un partenaire commercial essentiel, mais la réussite des entreprises canadiennes ne devrait pas dépendre de façon disproportionnée d’un seul marché étranger.
Le Québec est particulièrement bien placé pour jouer un rôle de premier plan dans ce nouveau chapitre. Nos forces dans les secteurs de l’aérospatiale, de l’aluminium, de l’intelligence artificielle, de l’énergie propre, de la fabrication de pointe et des sciences de la vie nous procurent un important avantage concurrentiel. Il ne s’agit pas seulement de secteurs qui contribuent aujourd’hui à notre économie : ce sont des industries stratégiques qui contribueront à déterminer la force économique du Canada dans les années à venir. Nous devons créer les conditions nécessaires pour permettre à ces entreprises d’investir, d’innover, de prendre de l’expansion et d’être concurrentielles, non seulement en Amérique du Nord, mais partout dans le monde.
Nous devons également soutenir les petites et moyennes entreprises qui constituent l’épine dorsale de l’économie québécoise. Pour les entreprises qui subissent directement les conséquences des tarifs américains, trouver de nouveaux marchés ne peut pas se faire du jour au lendemain. Le gouvernement a la responsabilité de les aider à protéger les emplois, à investir dans leur productivité, à renforcer leurs chaînes d’approvisionnement et à trouver de nouveaux débouchés. Les soutenir pendant cette période ne consiste pas uniquement à répondre au différend commercial actuel : il s’agit aussi de rendre notre économie plus résiliente face aux défis qui pourraient survenir à l’avenir.
Le Canada n’a pas choisi ce différend commercial, et il serait irréaliste de prétendre que la transition qui nous attend sera toujours facile. Toutefois, notre avenir économique ne sera pas déterminé uniquement par les décisions prises à Washington. Il dépendra aussi des choix que nous ferons ici, au Canada : ce que nous construirons, les secteurs dans lesquels nous investirons, les gains de productivité que nous réaliserons et notre capacité à faire rayonner les produits, les ressources, les technologies et le savoir-faire canadiens partout dans le monde.
Ce moment doit donc représenter plus que la simple défense de nos acquis. Il nous offre l’occasion d’accélérer un travail que le Canada devait entreprendre, peu importe l’issue de ces négociations. Nous pouvons bâtir une économie canadienne plus compétitive, approfondir nos relations avec des partenaires de confiance partout dans le monde, renforcer nos industries et créer de bons emplois ici, chez nous, tout en demeurant prêts à rétablir une relation économique stable et mutuellement avantageuse avec les États-Unis.
En définitive, la réponse du Canada à ce moment doit être tournée vers l’avenir : bâtir une économie plus forte chez nous, créer davantage de débouchés à l’étranger et faire du Canada un pays toujours plus capable de déterminer son propre avenir économique.
Carlos Leitão, Député de Marc-Aurèle-Fortin
